Lauréat
du concours de la Reine Elisabeth de Belgique en 2007, du concours international
du Vendôme Pize Lisbonne,
du concours de la Fondation de France, du concours de la Banque Populaire,
Julien a étudié le piano et le violon au conservatoire de
Nice.
il entre en 1999 au conservatoire de Paris où il travaille avec
Beroff, Pascal, Ivaldi et Horora.
Il se produit en Europe et en Amérique comme chambriste et comme
soliste.
Son répertoire est déjà très large et il
ne craint pas de s'attaquer à la musique contemporaine.
Les œuvres qu'il nous présente sont chacune des monuments
de l'histoire de la musique de piano,
et la sonate de Liszt en est le couronnement
Nous sommes très fiers d'accueillir une nouvelle fois ce très
grand musicien et de vous proposer ce programme considérable.
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Franz Liszt (1811 – 1886)
Sonate en Si mineur S178
Lento assai – allegro energico / Grandioso / Andante sostenuto –
quasi adagio / Allegro energico – piu mosso / (sostenuto) –
stretta quasi presto – presto – prestissimo / Andante sostenuto
– Allegro moderato – lento assai.
Œuvre aux dimensions monumentales : une seul mouvement de plus de
trente minutes, cette sonate marque un tournant fondamental dans la production
du compositeur. Au sommet de sa carrière de virtuose, il fait montre
d’une profondeur de pensée qui va exiger de l’interprète
non seulement une maîtrise complète de l’instrument
mais une conception très réfléchie de l’architecture
à développer, tant au niveau de la conduite des thèmes
que celle des plans sonores.
Liszt nous mène bien au delà de la traditionnelle opposition
bipolaire de la forme sonate : ses thèmes, plus nombreux, possèdent
des liens, des points communs parfois cachés et deviennent de véritables
personnages se confrontant tout au long de cet unique mouvement modelé
par des changements de tempos.
La matière essentielle est présentée dès les
premiers instants :
un premier thème forme une double descente avec cette retenue de
la troisième note et cette tonalité mineure prenant un caractère
tzigane dans la seconde descente.
Le second thème, rapide (allegro energico), fougueux peut être
celui de la révolte, du désespoir…
tandis que le troisième, dans l’extrême grave du piano,
est plus sarcastique.
Ces éléments principaux vont se confronter, s’affronter
sous toutes les formes du langage musical durant toute la pièce.
D’autres thèmes vont suivre, présentant des caractères
ambivalents et se mêlent aux thèmes principaux dans une alternance
de mouvements majestueux, impétueux, lyriques. Au moment où
l’auditeur a la sensation d’arriver au terme du développement,
il retrouve le second thème qui va former avec le troisième
une fugue à trois voix. Cette partie se déroule comme une
monstrueuse réaction chimique nous entraînant vers l’incontrôlable.
Ce n’est qu’après cet épisode étonnant
que nous entrons dans la partie conclusive de l’œuvre avec
une récapitulation des éléments qui ont servi à
cette gigantesque construction.
Ludwig van Beethoven 1770 – 1827
Sonate n° 7 en ré majeur op10 n°3
Presto / largo e mesto / menuetto / rondo
Ecrite à la toute fin du XVIIIème siècle, cette sonate
est déjà pleinement inscrite dans le romantisme naissant
et demeure un jalon de première importance parmi les 32 sonates
pour piano, qui ont étroitement suivi toutes les évolutions
stylistiques du maître allemand.
Le premier mouvement, fondé sur un premier thème totalement
épuré : une brève descente mélodique suivi
d’une grande montée, est d’une construction absolument
rigoureuse et brillante. Son rôle principal est d’annoncer
par contraste le second mouvement lent.
Ce largo magistral annonce le potentiel expressif du futur grand Beethoven
: des éléments mélodiques proches de la parole, des
textures harmoniques d’une extrême sophistication pour une
matière en constante métamorphose.
Le menuet semble écrit à point pour sortir l’auditeur
de l’obscurité provoquée par le mouvement précédent.
Un curieux canon vient renforcer la seconde partie pour amener à
un trio très fluide.
Le rondo final est complexe dans sa construction, avec des contrastes
dynamiques, des fausses reprises, des suspensions dans le discours, autant
d’obstacles offerts à la sagacité de l’interprète
Robert Schumann 1810 – 1856 (sera joué en
alternance avec la sonate de Liszt à Saverne, Barr et Strasbourg)
Carnaval op.9
Ecrite à l’âge de 25 ans, cette suite de miniatures
lyriques est très séduisante. Crée par Liszt, elle
a provoqué son admiration. C’est l’époque où
Schumann s’était secrètement fiancé avec Ernestine
von Fricker, originaire de la ville de Asch. Les quatre lettres constituant
le nom de la ville et formant également le début du nom
du compositeur fournissent le matériau mélodique principal
de toutes les pièces du Carnaval qui sont les masques représentant
des personnages de la comedia del’arte ou des personnages réels
: Chopin, Paganini, le Davidsbund (ligue des compagnons de David qui luttent
contre les philistins de l’art), Schumann se représente par
les deux faces opposées de sa personnalité, Eusebius et
Florestan, Clara est Chiarina (elle deviendra madame Schumann mais elle
n’est qu’une enfant à l’époque), Ernestine
est Estrella, Wieck, le père de Clara est Maître Raro
Tout ce beau monde prend part au carnaval.
Le préambule et la marche finale, encadrent dix-huit miniatures,
qui s'enchaînent et appellent à la danse.
Dans la marche finale, Schumann utilise une vieille mélodie allemande
du XVII siècle, lourdement scandée symbolisant, le conservatisme
et les bourgeois de l'art.
L'œuvre est couronnée dans la joie, par un feu d'artifice
et des appels de fanfare déjà entendus dans "papillons"
annonçant la victoire des " compagnons de David" sur
les Philistins, symbole de la stupidité et de l'archaïsme
artistique.
Zoltan Kodaly 1882 – 1967
Danses de Marosszek
Conçue à partir de mélodie populaires recueillies
par le compositeur en 1912, cette suite de danses devait être écrite
pour l’orchestre, projet qui n’aboutira que quelques années
plus tard. Dans la version pour piano, la forme est celle d’un rondo
avec trois couplets et un épilogue. Le thème refrain qui
débute l’œuvre va servir d’interlude entre ces
couplets mais avec un caractère différent à chaque
apparition.
Le thème du rondo se déroule sur de grands accords, le premier
couplet plein de verve, joue sur les différence de couleur.
Le retour du refrain prend une nouvelle dimension : il présente
un développement d’une exceptionnelle tension sonore. Le
second couplet reste dans l’aigu et prend un colori pastoral d’une
grande délicatesse. Le refrain est à nouveau l’occasion
d’opposer des registres sonores. Le troisième couplet se
développe sur un martèlement est un tournoiement vertigineux.
Le thème du rondo revient apaisé et la pièce se termine
dans une atmosphère de joie populaire.
Georg Friedrich Haendel 1685 – 1759
Chaconne en sol majeur, HWV 435
Comportant 21 variations construites sur la même basse, c’est
un véritable manuel de composition où Haendel déploie
tour à tour toutes les techniques du clavier quittant à
plusieurs reprises le mode majeur d’origine pour explorer le mode
mineur. Cette musique « pure » ne souffre en aucune manière
d’être jouée sur un instrument qui n’existait
pas à l’époque et permet au pianiste de développer
un aspect inaccessible du temps de Haendel : la dynamique.
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